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Accepter la rivalité dans la fratrie

La rivalité dans la fratrie est souvent difficilement acceptée par les parents. Certains se sentent coupables de ces disputes et s'y immiscent automatiquement. Pour quelle raison ? D'après Erik Erikson, célèbre psychanalyste, cette culpabilité viendrait du fait qu'aucun parent ne sentirait capable d'élever plus d'un enfant et qu'il se sent responsable d'avoir "imposé" un deuxième ou troisième enfant au reste de la fratrie.

 

Alors est-il nécessaire d'intervenir à chaque conflit ? La réponse est non. D'après Brazelton "apprendre à vivre avec les autres dans le cadre de la famille est une des plus importantes occasions d'apprentissage que l'on puisse avoir."

 

Impliquer l'aîné, sans le forcer, dans les soins du plus petit, lui donnera le sens des responsabilités comme par exemple, lui laisser choisir ses vêtements, le réconforter quand le petit est en colère... Il apprendra alors le sens du mot "partage".

 

Valoriser l'individualité de chacun ainsi que ses points forts vont également l'aider à développer l'estime  et la confiance en soi. Pour cela, pensez à instaurer un petit moment avec chacun d'entre eux dans le week end ou le soir quand vous rentrez. Prendre 5 à 10 minutes pour faire raconter à chacun sa journée à l'enfant évitera bon nombre de situation d'intense rivalité. 

Reconnaître le caractère et les atouts de chacun de ses enfants, et lui en faire prendre conscience, c'est leur faire bénéficier d'une grande attention, et les aider à savoir qui ils sont. N'oubliez pas leur différence d'âge.

 

Et puis... Ne pas sentir coupable de ressentir des sentiments différents envers chacun de ses enfants permet de respecter de façon plus naturelle les différences de chacun, de ne pas éprouver un sentiment d'injustice envers l'un ou l'autre lors des conflits et donc de rester en dehors de ces disputes. Si vous restez dans cette résolution des conflits, un triangle s'installe, vous devenez ainsi le sauveur, l'un des enfants la victime, et le troisième le persécuteur... Sauvez-vous vite, quittez la pièce, au risque que les rôles s'inversent et que ces conflits n'aboutissent jamais à une solution trouvée uniquement par les enfants. Vous constaterez alors que les disputes seront de moins en moins fréquentes si vous n'êtes plus spectateur. Leur dire " je n'ai aucun idée de qui de vous deux à tort ou raison, trouvez votre solution pour vous mettre d'accord." 

 

Ne pas rentrer dans leurs disputes c'est aussi leur permettre de prendre leurs responsabilités. 

 

© Chloé Mousseau