· 

Le sommeil de l'enfant : un processus évolutif

"Le sommeil de l'enfant n'est pas un apprentissage c'est un processus évolutif."

 

Dans son livre "Dormir sans larmes" le docteur Rosa Jové, fait appel à notre bon sens. Elle insiste sur le fait qu'un bébé ne peut pas dormir comme l'enfant, l'enfant comme un adulte, tout comme l'adulte ne dormira pas comme une personne âgée.

 In utero le fœtus a déjà commencé à apprivoiser le sommeil, même si à ce stade il ne comporte que deux phases : le sommeil actif et le sommeil lent.

 

De 0 à 3 mois, le bébé dort de 14 à 20 heures par jour mais se réveille fréquemment pour s'alimenter afin d'éviter entre autres les hypoglycémies. De plus ces réveils fréquents permettent de tenir en éveil sa figure d'attachement, là aussi simple réflexe de survie. En effet, depuis la nuit des temps, les bébés qui hurlaient le  plus fort pour prévenir d'un danger leur mère absente, étaient ceux qui vivaient le plus longtemps.

 

Entre 4 et 7 mois c'est la période de vie du bébé durant laquelle le sommeil évolue le plus. Le sommeil devient un peu plus léger ce qui perturbe les parents qui pensent que leur bébé régresse, or il ne fait que cheminer vers un train de sommeil qui se rapproche (dans ses types de phases seulement et non dans la durée de ces phases) de celui de l'adulte.

 

Entre 7 et 10 mois, les différentes phases du train du sommeil sont déjà en place (5 phases : l'endormissement,  le sommeil lent, le sommeil lent léger, le sommeil profond puis le sommeil paradoxal) , cependant la durée et la périodicité de ces phases sont loin de ressembler à celles de l'adulte.

 

Le sommeil qui ressemblera le plus à celui de l'adulte apparaîtra alors vers l'âge de 5, 6 ans. La seule chose qui diffère est que nous, adultes, avons intégré la technique du retour au sommeil si nous nous réveillons dans la nuit, contrairement à nos tout petits. Aucun enfant ne se réveille juste pour embêter le parent ou par caprice. En effet, petits et grands sont programmés pour se réveiller en moyenne 9 fois par nuit, plus ou moins de manière consciente.

 

Contrairement aux enfants plus âgés et aux adultes, le jeune enfant fonctionne sur un rythme de 25 heures et non sur un rythme de 24 heures, ce décalage peut expliquer que certains d'entre-eux connaissent des difficultés d'endormissement. Heureusement les synchronisateurs (d'où l'importance des rituels par exemple) externes vont permettre à l'enfant de se synchroniser sur un rythme de 24 heures.

 

Les troubles du sommeil les plus fréquents chez l'enfant sont les dysomnies (quantité ou qualité de sommeil insuffisante) et les parasomnies (réactions anormales pendant le sommeil ) comme les cauchemars, les terreurs nocturnes, le fait de parler... La majorité de ces parasomnies tendent à disparaître si le parent est attentif au comportement de l'enfant au moment du coucher ; une grosse fatigue par exemple peut occasionner une excitation et donc des troubles de l'endormissement et du sommeil. Vérifiez aussi que l'enfant ne se couche pas anxieux, même si  vous jugez la raison à l'origine de cette anxiété minime.

 

Suivre un horaire équilibré pour le coucher est vivement conseillé (attention personne n'a dit que 20h00 était la bonne heure, chaque enfant est différent) et prévoir un petit rituel de massage ou de détente va également dissiper l'anxiété et favoriser la production d'hormones du sommeil. Le moment du coucher ne doit donc pas être expédié.

 

Mais comment réagir fasse à une terreur nocturne ? Rester discrètement à ses côtés et surtout ne pas le prendre dans vos bras, ou tenter de le réveiller car vous risquez d'interrompre le cycle du sommeil. De plus la plupart des enfants n'acceptent pas le contact physique dans ces moments. Enfin ne reparlez pas de ces terreurs à votre enfant car il ne souvient en général de rien et il risque de penser que la nuit il se passe des choses étranges. L'homéopathie s'avère assez efficace pour certains.

 

Enfin si pendant la journée vous observez chez votre enfant de la somnolence, de l'hyperactivité, de l'agressivité, de l’irritabilité, des difficultés de concentration alors qu'il fait des nuits de 10/12 heures, demandez rapidement conseil à votre pédiatre. Des problématiques comme l'apnée du sommeil peuvent être à l'origine de ces symptômes (également : ronflement, respiration la bouche ouverte,sommeil agité, réveil difficile le matin, transpiration anormale...).

 

Sur ce... Douce nuit...

 

©Chloé Mousseau