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Pistes d'accompagnement - Conférence du 19 avril - Châteauneuf

1- Comment faire avec les émotions de notre enfant quand on est pas cohérents entre parents ?

Quand vous dites "pas cohérents entre parents" j'entends pas là que les deux parents non pas la même façon de réagir face à des pleurs de l'enfant, une colère etc... ? Chacun à reçu une éducation, autour de laquelle des croyances ont permis de se construire une personnalité, une carte du monde. Certaines de ces croyances peuvent être très aidantes jusqu'à ce qu'elles deviennent bloquantes et limitantes notamment lorsqu'on devient père ou mère.

Etre parent c'est peut être apprendre à dire "oui" alors qu'on répond "non" par habitude, par spontanéité, par éducation, par peur du jugement ou bien encore de l'inconnu. C'est éventuellement sortir de tous ces schémas pré-établis et écouter au plus profond de notre coeur, ce qui nous empêche d'accepter les pleurs de notre enfant, d'accepter le fait qu'il ait le droit de se mettre en colère, et qu'il ne soit pas d'accord avec nos raisonnements d'adultes.  Cela passe indéniablement par des temps d'échanges entre les deux parents afin de comprendre pourquoi écouter et  accueillir les émotions de son enfant est compliqué pour l'autre. Il s'agit avant tout d'un dialogue entre les deux parents au cours duquel tout jugement est à proscrire car faire se culpabiliser l'autre ou se culpabiliser n'incite pas à la prise de responsabilité. Un tiers peut jouer le rôle de médiateur, cela peut être très aidant dans ce cas précis.

 

2- Comment les rassurer lorsqu'ils se réveillent en pleurs la nuit ?

L'important n'est pas de chercher à "Rassurer" car cela va le conforter dans l'idée que cela représente réellement un danger.  L'enfant a besoin de verbaliser ce qu'il a ressenti, vécu. Le parent peut accompagner en utilisant un questionnement tel que :  "est-ce que tu veux bien me raconter ton cauchemar ou ta peur ?", "Tu as eu peur comment ?", "A quoi il ressemblait ce fantôme ?" "Il était gros comment ?" "Qu'est-ce que tu aimerais lui faire à ce monstre ?", "Qu'à tu envie de lui dire à ce loup ?". Cela lui permettra de reprendre du pouvoir, notamment en lui faisant dessiner l'objet de sa terreur.

 

3-Comment protéger un enfant qui est toujours dans l'empathie ?

Parlons nous bien d'empathie et non d'une grande sensibilité voire de compassion ? L'empathie (ressentir en dedans) fait partie d'une qualité magnifique appelée "l'intelligence de coeur". Elle nous permet de comprendre, de ressentir l'émotion de l'autre sans pour autant nous faire parasiter  par celle-ci.  Etre empathique c'est savoir écouter afin de mieux comprendre la personne en face de nous, et là encore sans jugement pour l'aider à accepter et éventuellement à passer une étape. Lorsqu'on est empathique, on n'envisage pas de solution pour l'autre, on respecte, on écoute, on peut même ne rien dire et surtout on ne cherche pas à influencer. 

La compassion consiste à souffrir et à subir quelque chose que ressent une autre personne. Cela oblige à se mettre dans la peau de l'autre, d'opter pour le même point de vue et de ressentir comme l'autre. 

Dans ce cas, il est bon d'alphabétiser émotionnellement l'enfant afin qu'il ne se laisse pas submerger par les émotions des autres et peut être étudier la piste de l'hypersensibilité.

Et puis... Vous ou votre conjoint,  êtes vous vous-même sensible ? L'enfant apprend souvent par l'exemple...

 

4- Comment aider un enfant qui prend beaucoup de pouvoir intérieur, à se réguler dans ses interactions avec les autres et ses parents ?

Parlons plutôt de pouvoir personnel plus que de pouvoir intérieur. S'agit il vraiment d'une prise de pouvoir ou justement d'un manque de confiance en soi qui ferait que l'enfant n'aurait trouver que ce comportement pour tenter de reprendre du pouvoir personnel. Le symptôme n'est pas pas le problème. Une, voire des peurs sont peut être cachées en dessous de la première couche. Si c'est le cas... Bienvenue chez moi :-)

 

5- Un enfant de 11 ans a des excès de violence physique et verbale dans sa famille  et à l'école. Comment l'aider à réguler ces crises ?

Avant de vouloir réguler ces crises c'est avant tout de chose écouter l'enfant dans ses ressentis afin de comprendre ce qui l'a poussé à agir de la sorte, ce qu'il a ressenti lorsqu'il a agit ; a t'il conscience d'agir violemment au moment où il frappe, éprouve t'il un besoin particulier... Nous ne sommes pas violents pas plaisir. La souffrance est sûrement omniprésente chez cet enfant et la violence est peut être le seul moyen qu'il ait trouvé pour exprimer son émotion.

Sa colère peut être une accumulation de colères non entendues par son entourage familial, amical et/ou scolaire. L'enfant a peut-être fait l'objet d'une exclusion à un moment clef de son enfance ? Il a peut être vu ou entendu des choses ? Il a peut être hérité d'une histoire dont il n'a jamais eu connaissance mais qu'il porte dans ses gènes ? Son alimentation est elle adaptée à son organisme (trop de sucre, colorant, lait...)? N'aurait il pas d'intolérances alimentaires ? Plusieurs pistes sont à étudier.

 

6- Les enfants reproduisent ils nécessairement les actes de maltraitance de leur parent ?

Pour vous répondre Je vais prendre appuie sur un extrait du livre  "Pour une enfance heureuse" du Docteur Catherine Gueguen, pédiatre. "La résilience. Mais on ne peut jamais préjuger de l'avenir de ces enfants. En grandissant, ils se développent de façon différente en fonction de nombreux facteurs, de leur patrimoine génétique, de leur tempérament, et des personnes qu'ils vont rencontrer sur leur route. Certains s'en sortiront à des degrés divers tout en restant profondément marqués par leurs premières années, ils auront "résilié". La résilience est cette possibilité de mener une vie "normale" et heureuse malgré des expériences traumatisantes.

D'autres, au contraire, ne s'en sortiront pas, leur vie sociale, affective sera détruite[...]. Pourquoi de telles différences ? Cette question est éminemment complexe. Beaucoup d'études ont été faites dans ce domaine, elles ont montré que le plus important facteur de résilience est la rencontre de personnes bienveillantes, soutenantes, aimantes, aussi bien dans la vie familiale que sociale [...].

Certes l'environnement familial et social est capital, mais le tempérament de l'enfant joue également un rôle important dans sa faculté de résilience et son devenir."

A moi d'ajouter : il n'est jamais trop tard pour accompagner votre enfant cela impliquant peut être une aide extérieure.

 

7- Comment gérer les crises liées à la frustration ?

Une question est à se poser : cette frustration est-elle liée à un refus de répondre à un désir ou à un besoin ? S'il s'agit d'une frustration liée à un désir (exemple dire non à l'achat d'un jouet) vous pouvez peut être écouter le désir de l'enfant en prenant le temps de vous arrêter devant l'objet convoité et dire par exemple : "oooh c'est vrai qu'il est beau ce camion, tu as vu il a une grande échelle et puis il doit bien roulé..." Bref utiliser la description et souvent le fait que l'enfant se soit senti écouté il qu'il ait pu lui aussi verbaliser le pourquoi de son désir l'aide à passer le cap de l'état de frustration. Vous pouvez ensuite diriger son attention sur autre chose "aller, toi tu trouves la confiture de fraise et moi l'abricot !"

S'il s'agit d'un besoin (j'entends physiologique) auquel vous n'avez pu répondre dans l'immédiat c'est peut être lui dire que la prochaine fois lui comme vous prendrez des précautions pour que la dite situation ne se représente pas, mais en tout cas l'impliquer dans la recherche de solutions.

La frustration se présente naturellement dans la vie sans qu'on est à la provoquer. C'est une frustration nécessaire et utile à l'enfant pour qu'il puisse se construire et accepter que des fois il est nécessaire de patienter ou d'attendre une occasion pour obtenir ce jouet ou ce bonbon. Frustrer son enfant volontairement  pour soit disant l'endurcir ne l'aidera en rien, au contraire  il adoptera un comportement qui vous mettra encore plus dans l'incompréhension.