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Pistes d'accompagnement - Conférence du 6 avril 2018

 

1/Comment faire face à l’impertinence d’un enfant ?

Tout dépend ce que vous entendez par impertinence et de l’âge de l’enfant. S’il s’agit de ricanements suite à une remarque ou une demande de cesser de faire telle ou telle chose car cela vous agace,  pensez qu’il ne s’agit pas d’une impertinence de la part de l’enfant mais d’une façon d’exprimer un malaise. L’enfant n’a trouvé que le rire pour se décharger de la tension, et d’autant plus si vous lui demandez de vous regarder dans les yeux. C’est en quelque sorte une façon d’évacuer son stress et de tenter de recréer du lien.

Vous pouvez dans ce cas décrire la situation : « je voies que tu rigoles lorsque je te demande d’arrêter de courir dans la maison, que se passe t’il pour toi ? Qu’est-ce que tu ressens lorsque je te demande cela ? Es-tu mal à l’aise, en colère, triste ? Et surtout vous mettre à la hauteur de ses yeux, voire lui toucher une épaule, lui prendre la main. Ne pensez pas que c’est pour vous agacer.

 

       2/Comment faire pour calmer la colère ?

Une première chose est de ne surtout pas rentrer dans un discours moralisateur, car le cerveau de l’enfant est dans l’incapacité de se raisonner. La décharge physique est donc conseillée : sauter sur un trampoline, courir dans le jardin, taper sur un coussin de la colère, cracher dans les toilettes. Vous pouvez utiliser le dessin en disant : « Dessine-moi ta colère », et puis laisser à l’enfant le droit de déchirer, écrabouiller le dessin. Si les larmes viennent prenez-le dans vos bras sans le maintenir trop longtemps ! Reparlez de cette colère à un moment calme où l’enfant est dans un état d’éveil calme et de ce fait réceptif.

 

     3/Pourquoi les massages à l’école ne commencent qu’en GS ?

Cet outil demande un minimum d’attention de la part de l’enfant donc une grande dépense d’énergie. Les tous petits ne peuvent maintenir leur attention que par tranche de 10 à 15 minutes, voire moins pour certains. Certaines instructrices proposent le mini Misp, mais pour l’avoir tester je ne le trouve pas pertinent. Préférez plutôt un petit massage du dos ou du crâne au moment du coucher.

 

     4/Quelles solutions/réactions avoir quand un enfant n’arrive pas à contrôler ses émotions lorsqu’il a été contrarié ? Des astuces face aux frustrations du terrible two ?

Rappelez-vous qu’en dessous de 6 ans l’enfant n’est pas équipé physiologiquement, j’entends d’un point de vue cérébral, pour contrôler ses émotions.

Repensez à ce qui a mis votre enfant dans cet état, il y a-t-il eu des événements dans la journée (sur-stimulation, séparation…) qui auraient pu favoriser ce comportement. Ne vous attachez pas au symptôme mais plutôt au problème. Là aussi vous pouvez dans un premier temps le faire courir, sauter, déchirer du papier, gribouiller sa colère (cf question précédente).

Quant au « Terrible two », c’est un signe de bon développement chez l’enfant. Cela peut être épuisant et énervant pour le parent mais plus vous lui direz « Non ! » plus il fera de même. Prenez l’habitude de mettre un cadre de façon très précise : exemple : « dans la baignoire on se tient assis » et non : « dans la baignoire on ne se met pas debout », l’enfant ne va pas comprendre votre demande et va entendre «debout».

Puis laissez le choix entre deux choses : « tu as le choix entre ce tee-shirt vert ou ce t-shirt rouge ». A cet âge l’enfant est dans une recherche d’autonomisation, lui laissez le choix en faisant en sorte que son choix vous conviendra également est une option formidable pour éviter les conflits et lui permettre de prendre des décisions qui favorisera l’estime de soi.

Et en cas d’urgence utilisez les mots : « stop! » « ça suffit ! » et non « Non ! ». Papa tu es mon miroir je dis comme toi ;-)

 

     5/ Comment accueillir les émotions des enfants quand nous même sommes bloqués par les nôtres ?

Accueillir les émotions est effectivement un travail qui peut s’avérer difficile pour certains parents. Déjà prendre le temps de jouer avec son enfant peut être une façon de dialoguer. Vous pouvez décrire là aussi ce que vous voyez, exemple : « je vois que ton bébé pleure beaucoup, qu’est-ce qui se passe pour lui ? ». Le fait que l’enfant utilise son jouet pour vous parler de ses émotions est un outil facilitant. Il se dévoile en mettant un filtre.

Selon l’âge vous pouvez utiliser la « roue des émotions » (à partir de 4/5 ans), plusieurs sont disponibles sur le net, à coller sur le frigo, pour qu’il exprime ce qu’il ressente et cela plusieurs fois dans la journée, ou bien encore vous munir du cahier Filliozat : « mes émotions », Nathan édition, à partir de 6 ans.

Sinon, cette alphabétisation émotionnelle s’apprend. En cabinet, j’accompagne les familles sur cette alphabétisation. En quelques séances de gros progrès peuvent être faits.

 

       6/Comment aborder l’arrivée d’un 2ème enfant face au 1er enfant ?

Demandez à l’enfant ce qu’il pense sur le fait d’avoir une petite sœur, ou un petit frère. A-t-il entendu des choses sur le fait d’avoir un frère, une sœur ?

Que ressent-il dans son corps, son cœur, pensez sensation : j’ai mon cœur qui bat vite, j’ai mal au ventre… Faites le dessiner son/sa futur(e)petit(e) frère, sœur. Qu’aimerait-il faire avec lui ou elle, et peut être lui donner de l’information sur le fait qu’un bébé ne sait rien faire tout seul et que vous aurez besoin de son aide à lui/elle, le/la grand(e) sœur/frère. Et surtout à l’arrivée de l’enfant, acceptez le fait qu’il puisse être jaloux, faites le verbaliser. Admettez qu’effectivement ce petit bébé demande beaucoup d’attention.

Vous pouvez prendre du temps pour regarder son album de naissance à lui. Lui raconter des petites anecdotes.

Impliquez le ou la dans le choix de la peinture de la chambre, d’un petit cadeau de bienvenue (n’oubliez pas d’en prévoir un pour l’aîné). Mais ne le noyez pas sous une montagne d’explications, écoutez le sans cherchez à le convaincre que tout sera comme avant. Achetez-lui par exemple un petit livre sur ce thème.

N’oubliez pas que pour le tout petit, tant qu’il n’aura pas le bébé sous les yeux, c’est quelque chose de très flou.

 

       7/ Comment gérer l’entente entre frère et sœur, les aider à s’entendre, s’aimer, se le dire ?

S’aimer entre frère et sœur est loin d’être une obligation. Si vous êtes issu(e) d’une fratrie, repensez à votre enfance... Peut-être étiez-vous en fusion avec votre sœur, mais dans quel contexte, avec quelle différence d’âge ? Une chose est sûre c’est que le frère ou la sœur, est un moyen pour l’autre de tester son pouvoir personnel, son autorité, il fait l’objet d’expériences pour passer des étapes, et mieux appréhender la vie en société. La place dans la fratrie a son importance : aîné, cadet…

Si les disputes fusent tout comme les coups, prenez un temps pour accueillir ce que chacun a sur le cœur soit individuellement soit à l’occasion d’une concertation hebdomadaire ou bihebdomadaire où toute la famille est présente, en donnant un cadre à ses réunions : pas d’insultes, préparer sur un papier la liste des rancœurs, prévoyez un bâton de la parole afin que chacun puisse être entendu, et étudiez la possibilité d’un « contrat » qui pourra être revu si besoin, sur lequel seront mentionnées des solutions qui conviendront à tous les membres de la famille.

Surtout évitez la comparaison entre enfant.

N’intervenez pas à chaque dispute, laissez les trouver une solution. Peut-être jouer une petite scénette avec votre mari où l’un veut un objet, et l’autre souhaite le même et mettez-vous d’accord sur une solution qui ira aux deux parents. L’enfant apprend du comportement de ses parents.

Et puis… N’hésitez pas à organiser des sorties en binôme c’est-à-dire avec un seul de vos enfants. Il y a des moments dans la vie de famille où il est utile d’accepter l’idée que sortir tous ensemble n’est pas possible. En tant que parents c’est aussi faire le deuil de la famille idéale qui n’existe pas.

 

       8/Pourquoi mon fils ne veut pas prêter ?

     Prêter est un apprentissage qui vise à appréhender la vie de groupe, chose qui donc, s’apprend et demande du temps, l’école d’ailleurs s’y prête.L’enfant à partir de 18 mois, est dans une période égocentrique. Cela fait partie de son développement, il apprend la frustration mais sans qu’elle soit pour autant provoquée par les parents. Si vous l’obligez à prêter c’est aussi lui dire : « je n’accepte pas ta décision parce que moi j’aimerais que tu prêtes donc tu dois prêter parce que moi, maman, je le veux. » Mais qui est le plus gênée dans cette situation, vous ou lui ? Etes-vous gênée par le fait qu’il ne prête pas ou par l’éventuel jugement du parent de l’autre enfant ? L’enfant a besoin de temps pour comprendre, il va répéter une action : « tiens quand je ne lui prête pas mon jouet, il/elle se met à pleurer… Je vais recommencer avec un autre enfant pour voir sa réaction… ». Et puis cela peut être dur de prêter un objet qu’on adore. Quel bénéfice vais-je en retirer en retour ? Imaginez-vous  dans la même situation : « accepterai-je de prêter ma nouvelle bague à une amie ? Va-t-elle me la rendre, quand, comment ? Vais-je la revoir ? ».Cette situation est comme obliger un enfant de moins de 6 ans à dire bonjour à un inconnu qu’on ne lui a jamais présenté, alors qu’on ne cesse de lui répéter de ne pas parler aux inconnus. Faisons appel à notre bon sens !

     

       9/Comment aider les enfants à la routine matinale ? Qu’elle soit sereine mais aussi efficace ?

La première idée qui me vient et que j’expérimente au quotidien avec mes enfants, c’est l’humour et le jeu. Si un des enfants a du mal à se lever, munissez-vous d’une marionnette ou de petites marionnettes à doigts, ou de peluches,  et faites les parler entre elles : « tu as vu Clément a vraiment du mal à se réveiller ? Et l’autre marionnette de répondre « ah oui c’est vrai : peut-être que ses yeux sont collés attend je vais voir » et vous caressez les yeux de l’enfant ou « ba ça il a dû trop manger de gloubi boulga hier soir et il scotché au matelas », et du coup chatouille sur le ventre. Bref tout ça pour vous dire qu’être parents c’est aussi faire preuve d’imagination et d’humour.

Peut-être trouver une comptine pour accompagner les enfants dans la salle de bain. Le chant est très aidant. Je sais… Vous vous dites « si elle croit que j’ai que ça à faire le matin ! ». Vous verrez que vous gaspillerez moins d’énergie à jouer, à rire, que de répéter 15 fois la même chose, et l’enfant sera beaucoup moins stressé et vous de même.

 

       10/ Comment aider l’enfant à gérer ses émotions en cas de cauchemar nocturne ? Comment l’aider à se rendormir, s’apaiser ?

Souvent l’enfant n’est pas vraiment conscient après une terreur nocturne. S'il l’est, être présent et lui parler doucement, le caresser va le calmer, vous pouvez aussi lui faire raconter son cauchemar en lui demandant : « tu as eu peur, qu’est-ce qui t’a fait peur dans ce cauchemar ? », et surtout ne pas chercher à le raisonner et lui dire que tout va aller pour aller vous recoucher plus vite. Faites le verbaliser en lui demandant : «  comment il était ce loup ? Qu’est-ce que tu voudrais lui faire au loup pour ne pas qu’il revienne ? » et cela afin de lui laisser reprendre du pouvoir personnelle sur la situation.

Vous pouvez lui faire choisir une peluche ou un playmobil ou lui faire faire un dessin de son cauchemar et lui faire cacher dans un tiroir de la maison ou du garage, donc assez éloigné de sa chambre en lui disant que le monstre est loin et qu’il ne peut pas sortir et qu’il va finir par s’endormir dans son tiroir.